Accueil 2018-03-03T14:35:59+00:00

Les 4 sites miniers majeurs

Un patrimoine industriel d’exception

Une reconnaissance mondiale

Le Bois-du-Luc, le Bois du Cazier, le Grand-Hornu et Blegny-Mine, quatre sites miniers majeurs de Wallonie inscrits depuis 2012 sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Les quatre sites miniers retracent l’histoire de l’aventure charbonnière de sa genèse aux avancées technologiques et architecturales en passant par les conditions de travail, les luttes sociales les courants migratoires et le brassage culturel.

L’ensemble forme un microcosme unique et exceptionnel d’une valeur universelle.

Blégny-mine est le premier site liégeois à figurer sur la liste du patrimoine Mondial de l’Unesco en 2012.

C’est en 2008 que le ministre en charge du Patrimoine , Jean-Claude Marcourt, a entrepris d’inscrire les 4 sites miniers majeurs sur la liste du patrimoine Mondial de l’Unesco. Trois de ces sites sont situés en Hainaut ;  le Bois du Luc, le Bois du Cazier et le Grand-Hornu, le quatrième est le site liégeois de Blégny-mine.

Ce site minier est complètement isolé des milieux de vie et se trouve au cœur de terres agricoles.

On y découvre également deux terrils juxtaposés dont le plus récent est encore équipé d’un skip. Ce système qui ressemble à une rampe permettait la montée et la descente des bennes jusqu’au sommet. Cet élévateur contribuait à amener puis à stocker les matériaux inertes sur le terril.

Descendre au fond de la mine

Le site de Blégny-mine est le seul des 4 sites où l’on peut encore descendre dans la mine et la visiter.

Deux anciennes galeries ont été aménagées afin de descendre jusqu’à -30 et -60 mètres de profondeur afin de  permettre aux visiteurs de comprendre l’organisation de la mine ainsi que le travail des mineurs.

La mine du 19ème et du 20ème siècle à Blégny-mine.

Le site de Blégny-mine met en avant,  à la fois,  la mémoire humaine et la technique.

Une des spécificités de Blegny mine est la coexistence sur un même lieu de deux époques d’exploitation différentes.

Le puits Marie reconverti aujourd’hui en musée représente la mine du 19ème siècle. Ce puits Marie a d’ailleurs servi de puits de retour d’air , au vingtième siècle.

On y découvre aujourd’hui  les différentes facettes du métier : lampisterie, ventilateur, compresseur, machine d’extraction…

La seconde moitié du 20ème siècle est représentée  par le  le puits numéro 1 et par ses diverses installations dont le remarquable triage lavoir.

Le centre de documentation sur l’industrie charbonnière

Situé à Blegny, vous pourrez visiter le CLADIC (Centre Liegeois d’Archives et de Documentation de l’Industrie Charbonnière. Ce centre rassemble et met à disposition un grand nombre de documents sur l’industrie charbonnière et plus particulièrement sur l’industrie charbonnière du bassin liégeois

L’architecture du Bois du Cazier

Le site de l’ancien charbonnage du Bois du Cazier est caractérisé par trois bâtiments construits, vers 1930, en briques et pierre parallèles sous bâtières d’ardoises.

La catastrophe du Bois du Cazier

Le 8 août 1956, un tragique accident entraîne la mort de 262 mineurs et provoque la fermeture du charbonnage en 1967.

Au sein du cimetière de Marcinelle, deux monuments aux mineurs témoignent de cette catastrophe. Au milieu d’une pelouse d’honneur, 70 tombes se dressent marquées par des dalles blanches dont 17 sont gravées d’un laconique « inconnu ».

Le site est inscrit depuis 2012 sur la Liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

En 2016, les enfants des victimes ont commémorés les soixante ans de la catastrophe. En savoir plus…

Les carolos célèbres

L’ancienne partie de ce lieu de repos a fait l’objet d’un classement. Quelques grandes figures sont enterrées dans le cimetière de Marcinelle :
– Jules Destrée, célèbre homme politique belge né à Marcinelle en 1863 ;
– Paul Pastur, député permanent de la Province du Hainaut, originaire de Marcinelle. Vous pourrez y lire la célèbre maxime « Unis dans la vie, réunis dans la mort » ;
– Eugène Mascaux, bourgmestre de Marcinelle de 1907 à 1934 ;
– Georges Lemaître, chanoine catholique, astronome et physicien belge à l’origine de la théorie du Big Bang.

Une pelouse d’honneur est notamment dédiée aux combattants locaux des deux Guerres mondiales. Celle-ci est entourée de deux zones d’inhumation militaire, l’une française, l’autre du Commonwealth. Enfin, un cimetière juif, l’un des deux seuls de Wallonie, présente un patrimoine mixte entre Art déco et époque contemporaine. Pour rejoindre le Bois du Cazier, cette découverte est aussi l’occasion de parcourir la drève de la Mémoire qui se trouve à proximité du cimetière.

Source : les journées du Patrimoine

La Wallonie a connu dans le passé de nombreux sites miniers qui ont cessé, aujourd’hui leur activité. Tous ces sites ont été longtemps désaffectés. Néanmoins, depuis quelques années, certains particulier et le pouvoir politique ont pris conscience de la nécessité de sauvegarder ces sites de notre patrimoine industriel en les réhabilitant.  Parmi ces sites, le Bois-du-Luc où à coté des Carrés rénovés par l’Institut National du logement et le foyer Louviérois, ont été créés un Musée de la Mine et l’Écomusée régional du Centre.

Une cité minière

Les carrés sont une conception de Victorien Bourg, le directeur des charbonnages de Bois-du-Luc. ses plans furent approuvés par l’Assemblée générale de 1838.

Deux trapèzes et deux rectangles composent l’ensemble de la cité ouvrière. Ces quatre parties sont disposées de part et d’autre d’un axe principal qui se prolonge de la maison du directeur jusqu’à l’Hospice. A partir du carrefour central, les 4 noms des rues évoquent les points cardinaux : rue du Nord, du Midi, du Levant et du Couchant. Cette dénomination , selon la tradition minière,  fait référence aux bouveaux qui s’éloignent des puits dans toutes les directions. A l’intérieur de chaque bloc, les familles cultivent un jardin personnel. En savoir plus, …

La population étrangère

Très tôt, les maisons des carrés ont accueilli une population d’origine étrangère. Un premier Italien, Leonardo Bortellin, venu du Val d’Aoste, est arrivé en 1888. Dix ans après, des ouvriers français ont été accueillis.

Au XXe siècle, toutes les nations européennes y sont représentée, sauf l’Albanie, la Norvège et la Suède. Au-delà de cette origine européenne, certains travailleurs immigrés sont venus d’Algérie, du Congo, du Maroc et de Turquie.

En 1940, la poplation étrangère était d’environ 5%. En 1970 elle s’élevait à 60%.

En savoir plus, …

(source: Ministère de l’Education nationale et de la Culture française, direction générale des études. Découvrons un site et une page d’histoire de la Wallonie, Bois-du-Luc, dans la région du Centre, VI)

Les conditions de vie

Afin d’attirer la main d’œuvre, la Société des Charbonnages fit ériger les Carrés  à partir de 1838.

Dès 1854, elle créa une première cantine qui fonctionnera jusqu’en 1923. Dans ses derniers temps, cette cantine abritait des ingénieurs stagiaires, des employés et des instituteurs.
À Trivières fut créée, en 1923, la cantine*du Quesnoy qui fonctionna jusqu’en 1973. Celle-ci pouvait accueillir 15o ouvriers ; elle logea beaucoup d’immigrés à leur arrivée en Belgique. En fonction de l’ouverture des différents puits, d’autres cantines furent créées : l’une à Havré, en 1925, l’autre à la rue de Bois-du-Luc en 1915.
En plus des Carrés, la société fit construire 22 maisons près de la fosse du Bois, dont cinq d’entre elles furent aménagées dans le volume de l’ancienne grange de la Jobrette.
« À la rue de Bois-du-Luc, on aligna quatre blocs de 17 maisons et un autre bloc de 15 maisons. Au Quesnoy, les Charbonnages construisirent leurs premiers logements en 19o4; on en fit 76 autres en 1916 et 26 en 1926.

Jusqu’aux environs de 194o, les maisons de la Société Anonyme des Charbonnages du Bois-du-Luc étaient  strictement réservées aux mineurs en activité; pour les pensionnés, il y avait l’Hospice; et même des familles dont le père avait perdu la vie durent déménager rapidement. » Pour assurer leurs vieux jours, ou leur indépendance, des locataires de Bois-du-Luc achetèrent ou construisirent rapidement leur maison, à peu de distance des propriétés des Charbonnages. (..)

Les bâtisseurs reçurent souvent une certaine aide de la société: possibilité d’acheter des briques, quelque charretées de mortier de chaux… »
Ainsi, tout au long de son histoire, « la société offrit ses travailleurs un nombre impressionnant.
d’habitations très diverses.

Le maximum fut atteint entre 1947 et 195o, avec un total de 888 logements : 704 maisons ouvrières, 72 maisons pour le personnel de maîtrise, 88 pavillons en bois, 21 appartements.
Il faut y ajouter les cantines de Bois du Luc, Trivières et Havré qui pouvaient héberger jusqu’a 335 ou  35o ouvriers, soit 1o % du personnel ».
(Source. D’après Robert POURBAIX, op. cit., pages 37, lo5 et 107.)

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Le Grand-Hornu, symbole d’une ancienne activité charbonnière, est le témoignage historique d’un passé laborieux, qui enrichi le terroir borain.

En Belgique, l’exploitation du charbon commence au 12ème siècle dans les régions où les veines effleurent et plus spécifiquement dans le Borinage et dans la région de Liège.

Le charbon est alors exploité de manière artisanale et les paysans creusent les champs et les bois, mais ils se heurtent vite à un problème majeur, celui de l’arrivée de l’eau dans les chantiers. Pour l’épuiser, les houilleurs ne disposent que de baquets ou de pompes rudimentaires. Il faut attendre le 18ème siècle et l’invention de la pompe à feu ou machine à vapeur pour développer l’extraction du charbon en assurant l’exhaure, la remontée de la houille et l’aérage des galeries.

Naissance du Grand-Hornu

Avant la révolution française de 1789, l’abbaye de Saint-Ghislain régnait sur d’énormes territoires dont dépendait Hornu.

Elle avait le droit d’accorder et de maintenir les concessions houillères, et d’y percevoir des droits.

L’abbaye se servait du combustible ainsi obtenu, pour le chauffage de ses locaux, pour la cuisson des briques et pour les distributions charitables.
Elle exerçait également le droit de haute juridiction sur les concessions installées sur son territoire, c’est ainsi que vers les années 1660 et 1670, l’abbaye de Saint-Ghislain interdit pour des raisons de sécurité, l’emploi des hourdages de montée qui servaient à faciliter les ascensions des mineurs dans des tailles droites et perpendiculaires.

Le 19 janvier 1778, Godonnesche de Valenciennes, Ignace Dubuisson du Petit-Hornu et Nicolas Colmant de Warquignies qui s’étaient constitués en société devant les hommes de fiefs du Hainaut, obtinrent la permission d’exploiter le charbon de Dom Amand de Cazier, abbé de Saint-Ghislain.

Fermeture des ateliers du Grand-Hornu

La crise du charbon, et les difficultés ressenties, par les sociétés houillères n’épargnèrent pas celle du Grand-Hornu, déjà en 1949, cette dernière établit un p un projet de transformation de la société civile, qui avait été constituée en 1843, en société anonyme, et en 1951, le Grand-Hornu faisait partie de ta Société Anonyme des Charbonnages du Hainaut.

Les ateliers de construction du Grand –Hornu cessèrent leurs activités en décembre 1953. A partir de cette date, un programme de licenciement et de un reclassement progressif fut prévu pour le personnel jusqu’au 20 mars 1954.

(source: Le Grand Hornu, Monument industriel exceptionnel du Borinage, Raymond G.W..Mahieu, Edition Ledent Hornu, 1979)